Le droit des personnes

Le droit des personnes est une matière fondamentale du droit civil, qui a pour objet l’étude de la détermination, de l’identification, et de la protection de la personne. La personne, physique comme morale, est dotée de la personnalité juridique. Si longtemps certaines personnes ont pu être considérées comme des choses, l’abolition de l’esclavage et la suppression de la peine de mort civile obligent à distinguer désormais la personne des choses : la première est sujet de droit, l’autre en est objet. En tant que sujet de droit, la personne mérite une protection renforcée, et ce davantage encore lorsqu’elle est vulnérable.

Le commencement de la personne (cas pratique)

Marie et Pierre sont mariés depuis 2 ans. Ils habitent ensemble, et attendent des jumeaux. Marie, prise de douleurs intenses, se rend en urgence à l’hôpital le plus proche. Pierre étant en déplacement professionnel, il l’y rejoint plusieurs heures plus tard, préoccupé : cela ne fait que 27 semaines d’aménorrhée : les jumeaux ne peuvent pas déjà arriver : la chambre n’est pas prête ! Pourtant si : à son arrivée, Marie lui annonce qu’il vient de rater l’accouchement. Cependant les jumeaux ne sont pas avec elle : les médecins sont partis avec Noé et Nina, sans donner d’indications sur leur état de santé. Toutefois Marie n’est pas trop inquiète : elle a entendu deux cris bien distincts.

Le droit à la vie privée, un droit refusé aux personnes morales (Cass., Civ. 1re, 17 mars 2016, n° 15-14.072, Bull. civ. I, n° 1060)

Inconnues du code civil de 1804, les personnes morales sont aujourd’hui des actrices essentielles de la scène juridique. Leur reconnaissance s’est faite sur le modèle des personnes physiques, au point que « ces êtres moraux, à l’instar des hommes, peuvent acquérir, contracter, être titulaires de droits, débiteurs d’obligations, bref être des sujets de droit » (J. Carbonnier, Droit civil, t. 1, PUF, 2017, p. 693, n° 353). Mais si la personne morale se rapproche de la personne physique, en adopte-t-elle pour autant le régime juridique ? C’était l’enjeu de l’arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 17 mars 2016, n° 15-14.072, rendu au sujet de la vie privée des personnes morales.