Le fait majoritaire sous la Ve République assure un fonctionnement régulier du régime et constitue une rupture  importante par rapport aux régimes précédents. Il ya plusieurs raisons à la survenance de ce phénomène. Tout d’abord, la mise en place du scrutin uninominal à deux tours pour les élections législatives. Sous la IVe République, la représentation proportionnelle contribuait à émietter la représentation parlementaire et empêchait la formation d'une majorité stable et de soutien à la politique du gouvernement. L'élimination au second tour des candidats qui ont un score trop faible avantage les grosses formations et contribue à surreprésenter la majorité. Cela ne veut pas pour autant dire que la majorité restera unie (cf. IIIe République). D'autres moyens contenus dans la constitution assurent cette stabilité et une certaine discipline qui va donner naissance au fait majoritaire .

Ensuite, l'élection présidentielle au suffrage universel direct, depuis 1962, légitime le président de la République et en fait le chef de la majorité présidentielle (celle qui l'a élu) ainsi que de celle parlementaire (celle qui le soutien au Parlement). Pour cette dernière des mécanismes assurent la prééminence du président de la République.

Enfin, les mécanismes de rationalisation du parlementarisme contribuent à l'établissement et au maintien du phénomène majoritaire. Il en va ainsi des dispositions relatives à la confiance, ou la possibilité donnée au gouvernement de demander un vote bloqué. De même, l'arme de la dissolution entre les mains du chef de l'Etat joue en ce sens. Les députés sont, ainsi que le souligne le professeur Dmitri-Georges LAVROFF, « sont incités à respecter la discipline majoritaire pour éviter un retour devant les électeurs ».

Ce sont là les principales caractéristiques du fait majoritaire sous la Ve République. Sa survenance a eu pour conséquence une dérive du régime vers une hyper-présidentialisation.