La France est tout d'abord un Etat. Cela signifie qu'elle est une personne morale exerçant un pouvoir souverain sur un territoire et une population donnée. La France est ensuite un Etat unitaire c'est-à-dire un Etat dans lequel il y a une seule constitution, une législation unique qui s'applique sur l'ensemble du territoire et de la population. La France a d'abord été un Etat unitaire centralisé où tous les pouvoirs étaient détenus par le gouvernement, par le pouvoir central.

Mais l'Etat unitaire français n'a pu se pérenniser qu'en procédant à des aménagements car il n'était plus envisageable de tout gouverner du centre, de la capitale. Ainsi, depuis la période monarchique, le pouvoir central a toujours cherché à envoyer en mission dans les provinces des représentants chargés de veiller à l'unité du royaume, puis de la nation et il les a dotés de pouvoirs de décision à cet effet. Ainsi, la centralisation qui caractérisait jusque là l'Etat français s'est accompagnée de la déconcentration.

La déconcentration  consiste à confier à des agents locaux, nommés par le pouvoir central, la prise de certaines décisions qui ne remettent pas en cause l'intérêt national et qui intéressent directement les administrés. Toutefois, ces agents restent sous l'autorité directe du pouvoir central et sont soumis à un contrôle hiérarchique. Les représentants gèrent eux-mêmes tout ce qui concerne l'administration centrale mais au niveau local, ce ne sont que des relais du pouvoir central. L'institution préfectorale constitue ce support original du pouvoir déconcentré. Ainsi, il est d'ailleurs intéressant de souligner que la Constitution reconnaît au préfet la fonction de représenter au niveau local l'Etat, en rappelant qu'il a " la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois " (art. 72).

Néanmoins, si la solution de la déconcentration a apporté une réponse satisfaisante, elle ne permet pas de répondre aux attentes d'une démocratie toujours plus proche des citoyens. Aussi, dans un deuxième temps, la France a décidé d'aller plus loin et de pratiquer une décentralisation. La logique n'est en rien comparable avec celle de la déconcentration. En effet, la décentralisation signifie que l'Etat décide de créer à ses côtés d'autres personnes morales : les collectivités territoriales (régions, départements, communes). La décentralisation existait bien avant cette date puisque le mouvement date du XIXème siècle avec le passage de la nomination à l'élection et surtout les grandes chartes départementale 1871 et communale 1884. Les collectivités territoriales s'administrent elles-mêmes en vertu du principe de libre administration (article 72 de la constitution). Ce sont des représentants élus qui sont chargés de la gestion de ces collectivités. La décentralisation est considérée comme apportant une plus grande démocratie au niveau local. Les organes disposent d'un véritable pouvoir de décision ainsi que de ressources propres qui leur permettent de financer leurs décisions.

Ainsi, la France est un Etat unitaire déconcentré et décentralisé. Cette dénomination implique que l'Etat ne saurait admettre toute atteinte au principe d'indivisibilité de la souveraineté et de la république. Dès lors, si le constituant reconnaît une libre administration pour les collectivités territoriales, il n'en demeure pas moins qu'il exige que ces collectivités respectent le droit de la république. Il existe donc certain contrôle sur les collectivités ce qui a u faire dire à G. BURDEAU que la décentralisation était " un régime de liberté surveillée ". En France, jusqu'aux lois de 1982, cette surveillance résidait dans le pouvoir de tutelle. Depuis les lois Defferre, il ne reste plus entre les mains du représentant de l'Etat que le déféré préfectoral pour contrôler l'activité des collectivités territoriales.