Le président de la République est, depuis la révision constitutionnelle de 1962, élu par le peuple au suffrage universel direct. Ce constat doit simplement être tempéré par le fait que seuls peuvent  se présenter les candidats ayant obtenu le parrainage de 500 notables. Autrement dit, le choix des électeurs se trouve nécessairement limité.

Cette condition est la plus importante de celles qui régissent l’accès à la magistrature suprême. A titre d’information, l’on trouve aussi les exigences suivantes : être électeur, avoir 18 ans révolus, posséder ses droits civiques, ne pas être placé sous tutelle ou curatelle, être en règle avec les obligations relatives au service national et déposer une déclaration de situation patrimoniale. Mais, c’est bien celle relative aux parrainages qui suscite le plus de débats et de contestations, ou au contraire de velléités de durcissement, à chaque élection présidentielle. C’est aussi, bien sûr, celle qu’il est le plus difficile de remplir.

Pour comprendre cette exigence, il faut remonter aux origines de la V° République. Au départ, le chef de l’Etat est élu par des notables ; l’on estime donc normal que ces derniers opèrent une présélection. Mais, le nombre de parrainages exigé n’est que de 50. En 1962, le mode d’élection du président change, mais le système est maintenu et même durci. Le nombre de candidats en 1974 étant jugé trop élevé, ce filtre est à nouveau renforcé en faisant passer le nombre de présentation, terme officiel qui désigne les parrainages, à 500. Les conditions de validité de ces dernières ont peu à peu été précisées, notamment sous l’impulsion du Conseil constitutionnel, seul organe habilité à les contrôler. Bien que le système soit en place depuis plus de 30 ans, il suscite toujours autant de débat. Ainsi, la publication des noms des parrains, bien que partielle, est loin d’être exempte de critiques. En effet, face à la multiplication des candidatures et à ses conséquences paradoxalement néfastes pour la démocratie, notamment en 2002, beaucoup ont alors réclamé une élévation du nombre de parrainages pour se porter candidat. Mais, en plus de réserver le pouvoir suprême à un oligopole de quelques partis, cette solution ne résoudrait en rien le problème qui réside fondamentalement dans l’incapacité des leaders des principaux partis à fédérer les Français. Ce débat semble un moyen pour masquer la crise du politique que connait la France.

Il convient donc d’étudier les fondements de ce régime et les règles qui le régissent (I), puis d’analyser les questions qui agitent les débats actuels sur les parrainages présidentiels (II).

  • I – Les parrainages présidentiels : un système encadré aux fondements évolutifs
    • A – Le filtre présidentiel : d’un fondement à l’autre
    • B – Le filtre présidentiel : un régime encadré
  • II – Les parrainages présidentiels : un régime en question
    • A – La publication des parrainages : un régime insatisfaisant
    • B – L’élévation du nombre de parrainages : un débat masquant la crise du politique

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