Idéologies et doctrines fiscales sont fondamentalement liées aux conceptions que l’on a du rôle de l’Etat, de l’organisation économique ou encore de l’exigence de justice sociale. Ainsi, certaines thèses, utopiques, ont tenté d’appréhender de manière globale ces considérations au travers de l’idée d’un impôt unique capable de couvrir l’ensemble des dépenses publiques (I). Cet impôt unique permettrait de répondre à tous les problèmes posés par la fiscalité. Celui-ci aurait, alors, le mérite de la simplicité dans sa mise en œuvre tant du point de vue du contribuable que de l’Administration fiscale. Il serait, par ailleurs, plus équitable dans la mesure où son unicité permettrait d’en moduler le taux avec exactitude en fonction des facultés contributives de chacun et d’en généraliser le paiement à l’ensemble des contribuables. Partant, diverses théories ont été élaborées et font porter l’impôt unique sur le foncier, le capital ou la dépense.

D’autres théories, fondées sur une approche libérale de l’économie, sont elles farouchement opposées à l’impôt, et, par voie de conséquence, à l’Etat lui-même (II). Ainsi, si l’antifiscalisme a toujours existé, il a pris un nouvel essor dans les années 1970 avec le renouveau des doctrines économiques libérales dont les attaques à l’encontre de la fiscalité s’articulent autour de l’idée de moins d’impôt pour moins d’Etat et plus de marché. De ces conceptions libérales découle une représentation de la fiscalité articulée autour l’idée de l’impôt-échange (III), aux termes de laquelle l’impôt est appréhendé comme le prix payé par le contribuable pour la sécurité et les services que lui apporte l’Etat. Cette théorie, qui a prédominé dans la seconde moitié du XVIII° siècle et au XIX° siècle, se rattache, alors, aux courants de pensée contractualistes pour qui il existerait un contrat tacite entre l’Etat et les individus, les seconds acceptant d’aliéner une partie de leur liberté en échange d’une garantie de sécurité offerte par l’Etat. Appliquée à la fiscalité, cette thèse consacre l’idée d’un contrat fiscal entre les contribuables et l’Etat. A l’opposé, l’on rencontre la théorie de l’impôt-solidarité qui fait du sacrifice fiscal un devoir nécessaire à l’établissement d’un lien social fondé sur l’idée de solidarité (IV).

  • I – Les utopies fiscales : l’impôt unique
    • L’impôt unique sur le foncier
    • L’impôt unique sur le capital
    • L’impôt unique sur la dépense
  • II -  Les doctrines antifiscales
    • Une pensée économique libérale renouvelée
    • Les griefs économiques de l’impôt selon les libéraux
  • III – La théorie libérale de l’impôt-échange
  • IV – La théorie communautariste de l’impôt-solidarité

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