La protection sociale désigne tous les mécanismes de prévoyance collective permettant aux individus de faire face aux conséquences financières des risques sociaux, que cela soit une baisse des revenus ou une hausse des dépenses pour cause de vieillesse, de maladie ou encore de chômage. Elle repose sur des prestations sociales versées directement aux ménages, en espèces ou en nature, et des prestations de services sociaux gratuits ou à prix réduits, comme les crèches.  La question des finances sociales, ou plutôt des déficits qui les caractérisent, a pris, à compter des années 1990, un relief particulier avec la mise en place de contraintes budgétaires européennes : en effet, ces règles concernent tant les finances de l’Etat ou les finances locales que les finances sociales.

Les systèmes les plus développés se trouvent dans l’Union européenne avec des dépenses de protection sociale qui représentent, en moyenne, 29,4 % du PIB en 2010. Les Etats européens se différencient aussi de pays, comme les Etats-Unis ou la Suisse, par le fait que l’essentiel des dépenses sociales sont des dépenses publiques, même si des dispositifs de capitalisation sont envisagés. La France se démarque des autres pays de l’union par le fait que c’est le pays qui dépense la plus grande part de sa richesse nationale pour sa protection sociale : ainsi, le poids de la protection sociale en France représente, en 2010, 654,2 milliards € de dépenses, soit plus de  34 % du PIB, et 633,1 milliards d’euros de recettes, soit 33 % du PIB. Par ailleurs, sa part dans l’ensemble des dépenses publiques est croissante : 50 % en 1990, 53 % en 2000, 56 % en 2009.

Si l’on aborde la question de la mise en place du système de protection sociale français (I), il faut noter qu’à l’origine, en cas de besoins, les individus ne pouvaient se tourner que vers les solidarités privées. Un premier cap fut franchi à la fin du XIX° et au début du XX° siècle avec les premiers dispositifs d’assurance publics. Mais, il faudra attendre 1945 pour qu’un système généralisé de protection sociale soit mis en place. Ce qu’il faut bien comprendre est que ce système est plus large que ce que l’on nomme traditionnellement la « Sécurité sociale » (II). En effet, si cette dernière regroupe la plupart des régimes de protection sociale, elle ne recouvre pas l’assurance chômage, prise en charge par Pole emploi, qui, bien que participant au système de protection sociale français, fait l’objet d’un dispositif séparé. S’agissant, alors, de la Sécurité sociale stricto sensu, il faut distinguer les régimes soumis aux lois de financement de la Sécurité sociale (régime général, régimes spéciaux et régimes autonomes) et ceux qui ne le sont pas, à savoir les régimes complémentaires.

  • I – La mise en place du système de protection sociale français
    • Le tournant du XIX° / XX° siècle : des solidarités privées aux premiers dispositifs d’assurance publics
    • 1945 : l’instauration  d’un système généralisé de protection sociale
    • Aujourd’hui : un système à mi-chemin entre les modèles bismarckien et beveridgien
  • II – La structure du système de protection sociale français
    • 1° composante : la Sécurité sociale stricto sensu
    • 2° composante : l’assurance chômage

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